Mar/100 com
Combat

Aujourd’hui est le jour où je vais me lever contre l’oppression capitaliste dans son ensemble. Pendant des années je me suis laissé marcher sur les pieds par les grandes entreprises qui oppressent sans honte. Se détacher de l’immobilisme ambiant est mon but à présent. Je suis plus déterminé que jamais et rien ne pourrait m’arrêter. Le système n’est qu’un concept prêt à être déchiré.
J’en suis enfin convaincu.
Tandis que je rentre dans le magasin je ressent ce besoin de bouleverser, de choquer. Les produits s’étalent devant moi jusqu’à me faire vomir. Une véritable débâcle de consumérisme, déballant ses entrailles jusqu’à l’obscénité. L’abcès est exhibé à tous, en pleine rue. Toi aussi achète ton morceau de rêve en promotion.
La machine a déplacé les pulsions humaines vers l’assouvissement d’une envie vulgaire optimisée par des publicitaires. Il me faut la blesser en son sein.
Je marche vite entre les allées et me dirige vers mon but. Je suis venu en repérage ce matin, il n’y a pas d’erreur possible. En quelques foulées je suis déjà devant le rayon qui m’intéresse.
Rien n’a changé. Parfait.
Mes yeux scrutent rapidement les alentours à la recherche d’un des drones en uniforme qui pullulent ici. Rapidement l’un d’entre eux se présente à moi.
Hélas pour lui, je lui montre l’erreur d’étiquetage que j’avais repéré plus tôt et réclame une ristourne sur un rasoir électrique. Contraint, il n’a d’autre choix que d’accepter.
Voilà huit euros qu’ils n’auront pas.
La résistance commence.
Photo par Ricardo Martins
Mar/102 com
L’amour de Jesus

Je vous propose cette histoire :
La scène se situe dans un cabaret de New York. Toutes les fenêtres sont fermées à par celle située près de la porte. Elle laisse entrer une lumière blafarde. Seul au milieu de la pièce, un homme sue abondamment. Serait-ce la pression de la société moderne ?
Il contemple intensément un gigot. Quelles sont ses intentions ?
Soudain un ébéniste surgit de la brume. Nous connaissons tous sa profession grâce aux cales qu’il a sur les mains. Il attrape le gigot et commence à gesticuler avec fougue et érotisme.
Le premier homme entre dans sa danse. Rien n’arrêtera donc ce ballet d’outre tombe ?
C’était bien sûr sans compter sur la présence divine. Une droite bien placée détrône les danseurs abasourdis. Ils se retournent pour découvrir Jésus, la chemise déchirée. Il tressaute comme un bouquetin et disparait dans l’obscurité.
Les deux hommes comprennent le message et dévorent le gigot avec passion.
Qu’avons nous appris ?
1 – Les rues de New York sont peut être sûres la nuit, mais il n’en va pas de même pour les cabarets
2- Jésus à toujours le dernier mot
3- L’amour triomphera, si un gigot est en jeu
Quel message donner aux enfants ?
Un gigot de perdu
Deux hommes frappés par Jésus
Un amour retrouvé
La charcuterie fut consommée
Un point c’est tout.
Photo par babblingdweeb
Musique à écouter en lisant ce post: Bret’s Angry Dance
Mar/101 com
Idee de piece de theatre #4: Pour l’amour de mon pere
Titre: Pour l’amour de mon père
Pitch: Un homme plein d’espoir recherche l’amour dans la première femme venue. Il se trouve que cette femme est son père qui a changé de sexe pendant que le héros se rendait aux toilettes.
Extrait
Le fils: Oh mais dites moi, seriez vous mon père ?
Le père: Embrasse moi, grand fou !
Temps fort: Alors que la tension est à son paroxisme, le héros découvre que sa belle soeur n’est en fait que son propre fils. Il sera important de mettre en abime la situation (l’usage de miroirs devrait être nécessaire).
Notes: Le père devrait porter à nom mixte, comme Marcel(le), ce qui mènera à de nombreux quiproquos romantiques.
Jan/100 com
Journal de ses resistances

René est contre le système. Anarchiste de la première heure il se bat chaque jour contre une orde de comploteurs gouvernementaux assoiffés de sang. Tout du moins c’est sa théorie, et il la met en application dès le réveil. Grâce à mes contacts, j’ai pu acquérir un extrait de son journal personnel traitant de ses actions de résistance…
Lundi : Une fois de plus les commerçants de ma rue, capitalistes jusqu’à la moelle, avaient décidé de faire une opération promotionnelle. En signe de protestation je n’ai acheté qu’un pull rose à quinze euros.
Mardi : Réunion de bataille avec les camarades. Nous sommes arrivés à la conclusion que le monde libre était un mensonge, que la fraternité n’existait pas et que Pascal était incapable de s’occuper correctement du ravitaillement en biscuits apéritif.
Mercredi : Ma femme critique mon nouveau pull. Elle dit que le rose est une couleur ridicule. Je vois bien qu’elle ne fait que critiquer à demi mot la société de consommation… Je me dis que que ce mariage pourrait bien finir par marcher.
Jeudi : Manifestation devant la mairie pour faire valoir nos revendications encore à définir. Je pense que ma pancarte, une gigantesque photo de moi mangeant une pomme avec rage, a fait passer un message fort.
Vendredi : La police est venu chez moi. Apparemment j’aurais garé ma voiture à un endroit inapproprié. Ces fascistes n’ont pas compris que si j’ai laissé mon véhicule devant l’entrée de l’hôpital c’était simplement pour réclamer l’indépendance du Tibet.
Samedi : Je prépare des cocktails molotov pour mettre la ville à feu et à sang. Hélas les camarades arrivent et nous finissons par enflammer Pascal à la place.
Dimanche : Je me rend à la messe, je ne veux pas vexer les beaux parents.
Écrit à l’origine dans le cadre d’un concours. Thème: Résistances. Limité à 1 page. J’ai fini par envoyer un autre texte que je publierais ici si il n’est pas sélectionné
Photo: Philippe Leroyer
Dec/093 com
La norme ou la loi du camouflage social

Je viens de faire un nouveau pas vers la réussite de ma vie en la définissant. La réussite, c’est avoir sa petite maison à la campagne avec sa femme et ses enfants. Ajoute à ça un petit travail – n’importe quoi fera l’affaire – et tout ira bien. Ça c’est une bien belle vie. Elle est tout à fait parfaite.
Laisse moi t’expliquer.
Tu n’aime pas ton travail ? Personne n’aime son travail. Évite le chef et enterre toi dans un placard, n’ouvre la bouche que pour y faire entrer du café. Tu n’aimes pas ta femme ? Personne n’aime sa femme. Fait toi une raison et trouve toi une maîtresse. Avec un peu de chance ta moitié sera suffisamment compréhensive et tout ira bien. Sinon il faudra la battre. Ça aussi c’est normal, enfin selon l’Ipsos.
C’est ça la vie. Un point c’est tout.
Si tu es une femme, trouve toi un bon mari et fais des enfants. Tu pourras râler quand il rentrera tard du travail, c’est ce que les couples font. Vous vivrez tous les deux dans la même maison et vous dormirez dans le même lit même si vous vous détestez.
Prendre un peu de recul?
Avouer que la promiscuité vous mine peu à peu est un aveu d’échec. C’est le premier pas vers le divorce : ce sont les séries américaine qui l’ont dit sur TF1. Je dis TF1, mais bien sûr, il faut aussi regarder Arte une fois de temps en temps. C’est de la culture.
C’est bien la culture.
Le premier samedi du mois, c’est l’heure de faire de la sexualité. Tu n’as pas le choix c’est comme ça. Si vous ne le faites pas, que vont penser les voisins? Si tu arrive à accomplir le devoir conjugal plus souvent, n’oublie pas de prévenir tes amis. Montre leur combien tu es heureux. Il te faut traîner les médiocres dans ton sillon vers un avenir radieux!
Ton ami célibataire ne serait-il pas plus heureux si il était comme toi ? Bien sûr que oui. Essaye de le caser. N’importe qui fera l’affaire, l’important c’est de ne pas être seul. Il faut bien des participants aux soirées de couples!
La vie c’est dur, c’est de la merde. Alors pour que tout se passe bien, regarde ton voisin et fait pareil. Lui il a réussi à tellement bien rentrer dans la norme que tu n’avais même pas remarqué son existence. L’apogée d’un art du camouflage social, en somme.
Pour résumer, le sexe c’est le samedi car en semaine on est fatigué. Le vendredi c’est les courses à Auchan. Le dimanche c’est le repos bien mérité devant la télévision. Surtout regarde la série policière pour en parler avec tes collègues le lendemain. Le lundi, il faut dire que tu ne l’aime pas. Tu n’aime pas le lundi car tu dois quitter ta petite maison pour travailler.
Surtout n’oublie pas de te plaindre de ton chef toute la semaine. Ce salaud t’en veut forcément. C’est d’ailleurs à cause de lui que tu ne progresse pas. C’est lié à cette règle qui te permettra de vivre longtemps en te sentant heureux : ce n’est pas ta faute.
Plus tard, tu vieilli et tu dois faire face à d’autres problèmes. Achète toi de la crème anti-rides. Met tes parents à l’hospice. Rêve de tuer ton patron.
Une erreur dans le choix de ton partenaire? Divorcer? Tu n’y pense pas petit crétin! Change ta vie et elle tombera à l’eau! N’oublie pas que l’inertie est ton amie. Le divorce reste encore mal vu : que diront tes collègues? Et avec qui tu ira à la petite réception organisée par ton patron!?
Tu as juste le droit, à quarante ans, de craquer et de tout plaquer, car ça aussi c’est dans la norme. Ton avenir c’est attendre ce moment fatidique où ça sera enfin permis par la société de ne plus en pouvoir. Tu pourra même te mettre en arrêt maladie pour dépression avec un peu de chance! Depuis le temps que tu cotise…
Un futur radieux s’annonce donc à toi qui veut se fondre dans la masse. Les portes de la vie te sont grandes ouvertes, surtout ne fait pas de détour, tu risquerais éventuellement de ne plus pouvoir les repasser! Fonce droit vers cette oasis de l’encéphalogramme plat et restes-y. C’est ce que font les autres alors pourquoi pas toi? C’est ce que font les autres alors c’est ce que tu feras.
Un point c’est tout.
Crédit photo: Yulina Libkina
Ce billet vient de lesgenssontdescons.com, à l’époque écrit sous un autre pseudonyme. Je me suis également éloigné de la version originale
Dec/091 com
Question du petit Billy #5 – Les caniches collabo
“Dis Jackson London, les caniches française ayant couché avec des bergers allemand durant la seconde guerre mondiale ont elles aussi été tondu à la libération?”

Et bien petit Billy, voila une bien bonne question. J’ai particulièrement apprécié que tu mette en avant la plus grande hypocrisie de ce siècle. Pour faire court: non, ces caniches amies du régime nazi n’ont pas été tondues!
Incroyable n’est-ce pas? Et pourtant c’est la vérité.
Pour comprendre l’atrocité de la chose, il faut se remettre en situation. Nous sommes en 1943 et alors que la France est occupée par les hordes fascistes, le caniche se faisant appeler “Madame Friquette” discute avec l’officier nazi Hans Krueger de la SS autour d’un verre de bourbon dans un des bar mal famé du Sud, Sud-Est de Paris…
Hans: Merci de me rencontrer, j’ai beaucoup entendu parler de vous, madame Friquette.
Friquette, regardant Hans droit dans les yeux: Tout le plaisir est pour moi.
Hans: La situation est grave, le führer est en danger et nous avons besoin de votre aide.
A ce point là, la situation est des plus tendues. C’est le moment que choisi Jacob Cohen pour rentrer dans le bar. Il se dirige à grands pas vers le bar. Il pose sa kipa avec élégance sur un trépied rouge prévu à cet effet et se retourne vers le chef d’établissement.
Jacob, hurlant: Oy garçon! J’ai l’impression d’avoir traversé la mer rouge, il pleut à torrent dehors! Je voudrais un bon repas bien kasher comme je les aime! J’ai entendu dire de mon ami le rabbin que pour un goy tu prépare un M’Quele d’Zitoun digne de Moise et j’aimerais y goûter… si ce n’est pas trop cher, bien sûr. Vois tu je convoie actuellement une quantité d’or qui ferait rougir de honte Salomon mais je ne désire dépenser que le strict minimum. C’est aussi vrai que mon nom est Jacob Cohen, fils de Abraham Cohen.
Hans, redressant son casque à pointe: Quel personnage bruyant… j’espère qu’il ne va pas faire une scène si le plat n’est pas à son goût.
Friquette, chuchottant: Hans, je crois qu’il y a quelque chose de louche avec ce “Jacob”…
Hans, intrigué: Que veux tu dire? Est-ce que ton instinct animal t’aurais permis de voir à travers son jeu?
Friquette: Tout a fait, je pense que cette personne est… juive!
Hans, laissant tomber son monocle: Oh!
A votre avis les enfants, comment Friquette a-t-elle deviné le secret de Jacob? Découvrez le dans la suite de ce billet!
Nov/093 com
Question du petit Billy #4 – La marche de la revolution
“Dis Jackson London, j’ai lu dans Direct Matin qu’un homme avait brûlé vive sa femme à Meaux (77). On peut lire également “une marche aura lieu ce soir à 18h pour protester contre les violences conjugales”. Pourquoi les gens marchent-ils dans ce genre de circonstances ? C’est pas mieux de regarder la roue de la fortune ???”

Et bien petit Billy, il est vrai que regarder la roue de la fortune est et restera la meilleure des activités possible, cependant tous les citoyens de ce beau pays ne pensent pas de la même façon. C’est une chose impossible. Nous n’avons pas la technologie.
Donc face à ce fait divers horrible, les gens n’ont pas su comment réagir. Cependant ils savaient au plus profond de leur coeur qu’il fallait faire quelque chose! La bonne réaction était bien sûr de voter Front National ou de lever un poing rageur vers le ciel, mais tout le monde n’as pas encore la force de conviction de faire ce qui est bon pour le bien collectif…
Une communauté de gauchistes ont donc décidé de profiter de ces circonstances pour mettre en avant leurs objectifs de haine: faire marcher les gens. Les syndicalistes -car ce sont eux- ont en effet une grande prédilection pour la marche à pied. Certains pratiquent même la marche sportive à haut niveau.
Hélas pour eux les élites de l’état bien pensant ont déterminé que plus la durée passée à arpenter les rues était grande plus la révolution était proche. Par exemple on a pu observer qu’en 1789 l’usage des pavés de la rue Mouftard avait augmenté d’un terrifiant 17% ! D’autres chiffres corroborent cette théorie, comme le 14, le 78 et 24%.
Cette marche n’était donc qu’un subterfuge lancé par des piliers de bistrot en mal de pouvoir. Je n’ai pas peur de dénoncer ces pratiques malsaines car j’ai appris à ne pas avoir peur des représailles. J’imagine d’ailleurs déjà le regard haineux que me jetterons ces vieillards avinés alors que je me trémousserais sur le toit de mon 4×4 en sirotant un Brandy, la déclaration des droits de l’homme enfoncée dans le cul.
Pint House a posé cette question, faites pareil en cliquant avec élégance sur ce lien que voici!
Crédit image: Steve Crane
Nov/090 com
Idee de piece de theatre #3 : Les yeux m’en tombent!
Titre: Les yeux m’en tombent!
Pitch: Le personnage principal tente de persuader son entourage que ses yeux sortent littéralement de son crane dès qu’ils ont le dos tourné. Ces yeux suivent alors des cours de pilotage de petits planeurs.
Temps fort: Le héros tombe en larme dans les bras du curé du village qui à découvert son terrible secret. En effet il aurait tout inventé pour attirer l’attention de son père mort lors d’un vol transatlantique.
Notes: Bien capturer le haussement d’épaule du curé devant les révélations du personnage principal. L’acteur devra peut être renfoncer sa tête avec force contre son torse pour bien marquer le mouvement.
Nov/090 com
Comment on peut aimer ce sport?
Il ne se passe jamais rien et quand il se passe quelque chose c’est une erreur d’arbitrage…
Nov/094 com
Pour faire original, je suis sur Twitter

Au début je me suis dit que j’allais assumer.
Ouais je suis sur twitter! Mon profil c’est http://twitter.com/jacksonlondon !Je trouve ça trop bien! Ouais je suis la mode, et alors? Je vous encule tous! Bwahwhahwhahwahwa!
Ensuite l’idée m’est venue de prendre ça un peu à contre pied. Comme un artiste en somme.
Aha, twitter c’est vraiment de la merde! Et pourtant je me suis créé un compte! Quel sacré déconneur je suis. Et puis si vous pouviez me follow ça serait pas mal…
Bien sûr une approche plus accrocheuse serait de la faire un peu blogger tech.
J’ai décidé d’ouvrir un compte twitter. En effet il ne faut pas oublier que les social media vont me permettre d’améliorer ma SEO tout en gardant des infos sur le cloud. En terme de trackback c’est tout bonus, et il ne faut pas négliger l’aspect realtime. Le web 2.0 c’est out. Côté ROI je suis sûr de transformer mes objectifs si je dépasse un seuil critique de followers. Cliquez ici pour en savoir plus.
Au final j’ai espéré que mélanger tout cela serait original.
Au début je me suis dit que j’allais assumer.
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